De la révision du nombre de victimes à Majdanek
Written by Jürgen GRAF   

 

De la révision du nombre de victimes à Majdanek

par Jürgen GRAF

 

À la fin de 2005, Tomasz Kranz, le chef du département de la recherche au Mémorial de Majdanek, publia un article dans le N° 23 de Zeszyty Majdanka ("Le Journal de Majdanek") sur "le Recensement des Morts et des Taux de mortalité parmi les internés du Camp de concentration de Lublin," dans lequel il évalua le nombre de morts au camp de Lublin/Majdanek à environ 78.000. (1) Cela revient à une révision considérable du nombre de victimes ; pour en apprécier toute la portée, nous devons d'abord examiner le nombre de victimes que les historiens polonais ont avancé par le passé pour le Camp de concentration Majdanek.

 

Les allégations de la Commission Soviéto-Polonaise (août 1944) et du Tribunal Spécial de Lublin (décembre 1944)

Le 23 juillet 1944, le Camp de concentration de Lublin (qui était le nom officiel du camp de Majdanek) fut libéré par l'Armée Rouge. Peu après, le 4 août, fut créée "une Commission Extraordinaire Soviéto-Polonaise pour Enquêter sur les Crimes Perpétrés par les Allemands dans le Camp d'Extermination de Majdanek à Lublin". Le 23 août, la commission rendit son rapport final, dans lequel il était spécifié que 1,5 million de personnes avaient trouvé la mort à Majdanek. Sur le million et demi de cadavres, 1.380.000 avait été brûlés dans les lieux suivants :

- 80.000 dans le vieux crématoire (qui consistait en deux fours mobiles alimentés au pétrole et installés vers le milieu de l'année 1942 ; nous ignorons combien de temps ils furent utilisés) ;

- 600.000 dans le nouveau crématoire (qui a fonctionné à partir de janvier 1944, six mois avant la fermeture du camp et qui comprenait cinq fours alimentés au coke) ;

- 300.000 dans les bois de Krepiecki non loin de Majdanek ;

- 400.000 sur des bûchers à proximité du nouveau crématoire. (2)

La commission ne nous dit pas ce qu'il advint des 120.000 cadavres restants. On présuma sans doute qu'ils avaient été enterrés.

Le rapport de la commission soviéto-polonaise fut soumis au Procès de Nuremberg en 1946 comme élément de preuve dans l'acte d'accusation. (3) La part de vérité contenue dans ce rapport saute aux yeux dès lors que nous réfléchissons sur ces deux constats parmi d'autres :

1) La capacité quotidienne d'incinération des cinq fours du nouveau crématoire était au maximum de 100 cadavres. Si nous supposons que ce crématoire était en activité permanente pendant ses six mois d'existence et que les fours ont fonctionné sans interruption (les deux suppositions étant tout aussi irréalistes), 18.000 cadavres au plus ont donc pu y être réduits en cendres (180 [jours] x 5 [fours] x 20 [corps] = 18.000). Les 600.000 incinérations revendiquées par la commission pour ce crématoire étaient ainsi d'environ trente-trois fois supérieures à la capacité maximale théorique !

2) La commission effectua des fouilles dans le périmètre du camp, ainsi que dans les bois de Krepiecki, fouilles au cours desquelles ils découvrirent 467 cadavres complets et 266 crânes humains. De plus, ils trouvèrent 4,5 mètres cubes de cendres humaines et d'os, correspondant à un maximum de 3.000 cadavres incinérés en plein air. Ainsi, sur la base de 733 cadavres enterrés (467 + 266 = 733), la commission annonça un total de 120.000 corps et sur la base des restes de 3.000 cadavres tout au plus incinérés en plein air, un total de 700.000 corps !

Quatre mois plus tard, en décembre 1944, "un Tribunal Spécial" qui avait été créé à Lublin et qui condamna à mort six anciens membres des gardes du camp, proclama un nombre de victimes encore plus élevé que celui de la commission. Nous lisons dans les attendus de son verdict :

"Il a été prouvé que 1.700.000 personnes ont été assassinées à Majdanek et que Majdanek était un camp d'extermination dans toute l'acception du terme." (4)

 

 

La première révision : Zdzislaw Lukaszkiewicz (1948)

Le nombre de victimes avancé par la Commission soviéto-polonaise en août 1944 tout comme par le Tribunal Spécial Lublin en décembre 1944 était tellement incroyable que, pas plus de trois ans après la fin de la guerre, les communistes polonais ont ordonné une étude dont le but était de "calculer" le nombre de victimes du camp et non pas simplement de l'inventer. Dans un article intitulé "Le Camp de Concentration et d'Extermination de Majdanek", le Juge Zdzislaw Lukaszkiewicz cita le nombre de 360.000 victimes (5) auquel il parvint en déformant à l'extrême la teneur du peu de documents utilisés dans l'étude et d'autre part en se satisfaisant pleinement des simples déclarations de témoins oculaires. Selon Lukaszkiewicz, sur les 360.000 prétendues victimes, 60 % d'entre elles étaient décédées "de la mort du camp" (c'est-à-dire la mort résultant de la maladie, l'épuisement ou la famine), tandis que 25 % d'autres furent gazées et 15 % tuées par d'autres moyens.

 

Józef Marszalek confirme le nombre de 360.000 victimes (1981)

Józef Marszalek, qui avait été pendant de nombreuses années le Directeur du Mémorial de Majdanek, écrivit en 1981 un livre sur l'histoire du camp, dont la traduction anglaise fut éditée cinq ans plus tard. (6) Marszalek adopta alors le nombre sacro-saint de 360.000 victimes, mais voulut étayer la thèse du "camp d'extermination" par une nouvelle répartition des morts "naturelles" et des morts par "extermination", mentionnant le nombre de 160.000 pour les premières et le nombre de 200.000 pour les secondes. A partir de l'exemple suivant, on pourra constater combien les méthodes de travail de cet historien polonais furent foncièrement malhonnêtes : Marszalek cite un rapport datant du 30 septembre 1943 d'Oswald Pohl, Chef du Bureau Principal Economico-administratif de la SS (WVHA), adressé à Heinrich Himmler (7), dont on peut conclure que de tous camps de concentration Majdanek eut le taux de mortalité le plus élevé parmi ses détenus, en omettant de relater que ce même rapport indique un total de 53.309 morts parmi les détenus de tous (dix-sept) les camps de concentration pendant la période courant de janvier à juin 1943 ; car, selon les propres "calculs" de Marszalek, 54.000 prisonniers sont morts dans le seul camp de Majdanek pendant ces six mois ! Voilà à quel genre de supercheries grossières a recours l'historien dont les conclusions sont a priori imposées par les pouvoirs dirigeants pour des raisons idéologiques.

 

La révision de Czeslaw Rajca : 235.000 victimes (1992)

Ce n'est qu'après l'effondrement du régime communiste en Pologne que des historiens de ce pays ont osé mettre en doute le nombre de 360.000 victimes à Majdanek, nombre officiellement avalisé depuis 1948. Czeslaw Rajca, membre de la direction du Mémorial de Majdanek, publia en 1992 un article dans lequel il évaluait à 235.000 le nombre de morts dans le camp. Rajca a écrit :

"Étant donné la quasi absence de documents ayant directement trait aux crimes commis à Majdanek, la seule façon raisonnable de calculer le nombre de victimes est de soustraire du nombre total de prisonniers déportés vers ce camp le nombre de détenus transférés vers d'autres camps, le nombre de détenus libérés et le nombre de ceux qui se sont échappés." (8)

Cette méthode serait en fait incontestable si nous avions accès à des statistiques dignes de confiance pour chacune de ces catégories. Mais comment les choses se présentent-elles en réalité ?

Selon les historiens polonais, 45.000 prisonniers furent transférés de Majdanek vers d'autres camps, 20.000 furent libérés, une petite centaine réussit à s'échapper et 1.500 furent libérés par l'Armée Rouge le 23 juillet 1944. Autant que l'on puisse le vérifier sur les documents du camp de l'époque, le nombre de prisonniers transférés est à peine plus élevé que 35.000 (9), mais puisque cette documentation est incomplète, le nombre réel pourrait très bien être augmenté de 10.000. Le nombre - étonnamment élevé - de 20.000 prisonniers libérés ne trouve nulle part de justification dans les sources documentaires des écrits polonais sur le sujet. Néanmoins nous acceptons ce nombre, d'autant que dans ce cas on ne voit aucune raison pour laquelle il aurait été sciemment grossi. Au contraire et de façon frappante, ce nombre réduit à néant l'hypothèse selon laquelle Majdanek était "un camp d'extermination", dès lors que les prisonniers libérés auraient immédiatement répandu partout en Pologne la nouvelle d'exécutions en masse, et les prétendus efforts des Allemands pour dissimuler leurs forfaits seraient devenus inutiles.

D'autre part, le nombre de 300.000 personnes déportées à Majdanek avancé par Rajca manque de base historique, c'est-à-dire le nombre auquel il soustrait les 45.000 personnes transférées et les 20.000 personnes libérées (les 2.000 personnes constituées de celles qui se sont échappées et de celles libérées, ne sont pas prises en compte) pour parvenir au nombre de 235.000 victimes. La source de Rajca est un article de Zofia Leszczynska sur les déportations de prisonniers vers le camp de Majdanek datant de 1969 (10). Pour parvenir au nombre le plus élevé possible de déportés, l'auteur de l'article recourt au tour de passe-passe favori de tous les historiens bien pensants de "l'Holocauste" : elle accorde aux récits des témoins oculaires la même valeur probante qu'aux sources documentaires. Se fondant sur des calculs provenant des mouvements de résistance, dont l'intérêt bien compris les pousse naturellement à gonfler le nombre de déportés pour prouver le régime de terreur allemand, Leszczynska a énormément exagéré le nombre de déportés, mais malgré tous ses efforts, elle est parvenue à un nombre de seulement 246.000 déportés. Puisqu'il ne lui était pas permis de toucher au nombre alors consacré de 360.000 victimes, si 360.000 personnes étaient mortes, 45.000 transférées, 20.000 libérées et 1.500 libérées par les Soviets, on parvient à un total de 426.500 personnes qui ont dû être déportées à Majdanek ; l'historien polonais, pour les 179.600 personnes manquantes, s'est simplement prémuni en déclarant que les sources statistiques de Leszczynska étaient incomplètes et que selon elle bon nombre de déportés n'avaient pas été répertoriés ! Vingt-trois ans plus tard, C. Rajca a ajouté de façon arbitraire 54.000 déportés aux 246.000 "calculés" par Z. Leszczynska pour en obtenir 300.000, desquels il a alors soustrait les transférés et les libérés pour parvenir au nombre de 235.000 victimes.

 

Le nombre du révisionniste Carlo Mattogno : 42.200 victimes (1998)

En été 1997, j'ai effectué avec le savant italien Carlo Mattogno un voyage de recherche à travers l'Europe de l'Est, en commençant par Lublin. Nous fondant sur des documents découverts dans les archives du Mémorial de Majdanek et de la province de Lublin, sur les écrits polonais officiels sur Majdanek et sur d'autres sources, nous avons à notre retour publié un livre intitulé KL Majdanek. Eine historische und technische Studie ("Le Camp de Concentration de Majdanek : une Enquête Historique et Technique"), en allemand en 1998 et en anglais cinq ans plus tard, qui avait pour ambition d'être le premier ouvrage sur le Camp de Lublin satisfaisant aux exigences scientifiques (11) Au quatrième chapitre du livre, le nombre de victimes a été calculé par Mattogno, qui, compte tenu de la nature incomplète de la documentation, ne pouvait naturellement pas avancer des chiffres absolument exacts. Ses nombres sont mentionnés ci-dessous, détaillés par année :

1941 (octobre-décembre) : environ 700

1942 : 17.244

1943 : 22.339

1944 : (janvier-juillet) : environ 1.900

__________________________________

Total : environ 42.200

Mattogno n'a nullement cherché à déterminer le pourcentage de prisonniers juifs parmi ces 42.200 morts ; toutefois, les éléments suivants étayent ces résultats :

Majdanek fut ouvert en octobre 1941. Pendant les trois premiers mois de son existence, des prisonniers de guerre, essentiellement soviétiques, furent envoyés dans ce camp, puis un groupe de Juifs de la ville de Lublin. Selon Mattogno, on ne connaît pas la proportion de Juifs parmi les quelques 700 personnes mortes en 1941, en tout cas cela n'aurait pu être qu'un petit nombre, qui fut inclus - comme nous le verrons bientôt - dans les statistiques de 1942.

Au cours de l'année 1942, des Juifs de différentes nationalités constituèrent la grande majorité des nouveaux arrivés. Mattogno put alors s'appuyer sur un document clef, le rapport de 1943 du statisticien SS Richard Korherr, dans lequel figurent le nombre de Juifs déportés dans divers camps de concentration, de même que le nombre d'entre eux qui périrent dans les camps jusqu'à la fin de 1942. Selon Korherr, jusqu'à cette date, un total de 26.258 prisonniers juifs, dont 23.409 hommes et 2.849 femmes, furent déportés au camp de Lublin, parmi lesquels 4.568 furent libérés, 7.342 étaient toujours dans le camp à la fin du mois de décembre et 14.348 décédèrent (14.217 hommes et 131 femmes). ( La raison principale du taux de mortalité extrêmement élevé à Majdanek tenait aux conditions hygiéniques catastrophiques, qui contribuèrent à la propagation des maladies ; j'ignore pourquoi le taux de mortalité était beaucoup plus bas chez les femmes que chez les hommes). Concernant Auschwitz, Korherr mentionnait, jusqu'à la fin de 1942, 3.716 morts parmi les détenus juifs hommes et 720 morts parmi les femmes juives. Korherr conclut sa statistique avec la note suivante :

"Les Juifs qui étaient internés dans les camps de concentration d'Auschwitz et de Lublin pendant les opérations d'évacuation ne sont pas inclus."

Puisque Mattogno n'avait aucun accès aux informations sur le nombre "de Juifs internés dans les camps de concentration d'Auschwitz et de Lublin durant les opérations d'évacuation" ainsi que sur leur taux de mortalité, il ne pouvait naturellement pas les inclure dans ses statistiques.

En 1943 le nombre de détenus non-juifs augmenta considérablement par suite de l'arrivée de nombreux déportés polonais soupçonnés de résistance contre les autorités d'occupation. Toutefois, les livres d'enregistrement du camp - conservés malheureusement qu'en partie - confirment que les Juifs constituaient la majeure partie des détenus du camp jusqu'à la fin octobre ; ainsi, à la date du 16 juin, 10.050 détenus étaient juifs sur un total de 14.533 et au 22 août, 5.905 étaient juifs sur un total de 10.506 prisonniers masculins; dans le camp des femmes, au 16 juin, 5.371 étaient juives sur un total de 7.821 et au 20 août, 3.200 étaient juives sur un total de 5.690. Au début novembre, tous les Juifs avaient disparu du camp (selon les historiens 'orthodoxes' parce qu'ils avaient été tués et selon les révisionnistes parce qu'ils avaient été transférés) mais déjà en décembre des prisonniers juifs nouvellement arrivés réapparaissaient dans les registres du camp. De toute façon leur nombre resta faible comparé au nombre total des détenus ; ainsi, au 15 mars 1944, seulement 358 étaient juifs sur 6.476 prisonniers dans le camp des hommes et dans le camp des femmes seulement 476 étaient juives sur 2.690 prisonnières.

Au vu de ces statistiques et en se basant sur le nombre de victimes calculées par Mattogno, l'hypothèse plausible est qu'environ 60 % des 22.339 détenus morts en 1943 étaient juifs et environ 90 % des 1.900 détenus morts en 1944 étaient des non-juifs. Cela signifierait qu'environ 13.404 Juifs moururent durant l'année 1943 et environ 190 Juifs moururent en 1944, aboutissant à un nombre total de 27.938 victimes juives à Majdanek (14.348 [incluant les Juifs morts en 1941 selon Korherr] + 13.400 + 190 = 27.938). Le nombre de victimes non-juives serait ainsi porté à environ 14.262 (42.000 - 27.938 = 14.262), ce qui revient à un bon tiers du nombre total de victimes.

 

La révision de Tomasz Kranz : 78.000 victimes (2005)

Dans son article précité, Tomasz Kranz critique sans réserve ses prédécesseurs, affirmant que le million et demi de victimes avancé par la commission soviéto-polonaise relève "de considérations politiques et de la propagande, et ne repose pas sur des bases historiques". Quant au Tribunal Spécial de Lublin qui avait proclamé le nombre de 1,7 million de victimes, "là aussi l'exactitude des calculs n'est en rien intervenue "; J. Lukaszkiewicz "a présumé de façon arbitraire un taux de mortalité de 12 pour mille sur la période courant de juillet 1943 à avril 1944" et son nombre de 360.000 morts a été "propagé sans la moindre critique durant de nombreuses années" ; l'article de 1992 de C. Rajca "appelle toutes les réserves" puisque dans ses calculs il "a complètement ignoré les documents du camp" (cf. Kranz pp.35-36). Kranz a fait un compte rendu correct du livre KL Majdanek écrit par Carlo Mattogno et moi-même, ainsi :

"A propos des études statistiques du camp de Majdanek, je dois mentionner un livre de l'école révisionniste, dans lequel les questions se rapportant aux déportations et aux taux de mortalité notamment font l'objet d'un débat minutieux. Les auteurs du livre contestent les gazages et les fusillades massives de prisonniers, reconnaissant cependant un fort taux de mortalité en raison [des mauvaises] conditions de vie et des épidémies de typhus. Se fondant sur une analyse des registres sauvegardés recensant les morts, ils parviennent à la conclusion qu'un total de 42.200 prisonniers décédèrent à Majdanek" (p. 40)

Selon Kranz, environ 78.000 personnes perdirent la vie à Majdanek (environ 59.000 Juifs et environ 19.000 non-juifs). C'est ainsi que le nouveau nombre officiel de victimes du Mémorial de Majdanek est plus élevé de 35.800 que le nombre proposé par les révisionnistes, tandis qu'il est d'autre part de 1.622.000 plus bas que celui du Tribunal Spécial de Lublin, de 1.422.000 million plus bas que celui de la Commission soviéto-polonaise, de 282.000 au-dessous de celui de Lukaszkiewicz et Marszalek et de 157.000 plus bas que celui de Rajca ! La faillite absolue de l'histoire officielle du camp de concentration de Lublin peut difficilement être d'une évidence plus éclatante.

En relation avec ce qui précède, il faut ajouter que le verdict du procès de Majdanek à Düsseldorf (1975-1981) a statué sur un nombre total des victimes "d'au moins 200.000" dont "au moins 60.000 étaient des Juifs" ; la cour ne s'était pas cachée de n'avoir diligenté aucune enquête, mais elle s'était appuyée exclusivement sur les déclarations de "l'expert en histoire contemporaine" bien connu, Wolfgang Scheffler. Tandis que le nombre de victimes juives mentionné par les juges de Düsseldorf est pratiquement identique à celui donné par Kranz, le nombre de victimes non-juives qu'ils avancent est plus élevé de 121.000 que celui calculé par Kranz !

Kranz étudie séparément les taux de mortalité des prisonniers juifs et non-juifs. Voici ses chiffres, détaillés par année :

Victimes non-juives

1941 : non renseigné

1942 : 2.001

1943/1944 : 16.835

Total : 18.836 - arrondi à 19.000

Victimes juives

1941/1942 : 24.733

1943/1944 : 34.267 (15)

Total : 78.000

Analysons à présent sur quels critères l'historien polonais a bâti ses calculs.

 

Le nombre de victimes non-juives selon Tomasz Kranz

Pour l'année 1942, sur la base des documents de l'administration du camp, Kranz calcule un total de morts de 16.218 juifs et non-juifs (p. 42), c'est-à-dire 1.028 de moins que Mattogno. De ces 16.218, il soustrait les 14.217 mentionnés dans le rapport de Korherr comme étant le nombre de Juifs morts dans le camp de concentration de Lublin jusqu'à la fin de 1942, pour parvenir à la conclusion que le nombre de morts non-juifs s'élevait à 2.001 pour l'année 1942. Puisque le rapport de Korherr se réfère en réalité à 14.217 prisonniers juifs masculins morts et mentionne en plus 131 Juives mortes, il s'ensuit que Kranz pour 1942 a réduit à tort le total de morts juifs de 131 et augmenté le total de victimes non-juives de 131 au cours de la même année.

Aux pages 42-45, Kranz étudie le taux de mortalité parmi les détenus non-juifs durant les années 1943 et 1944. Selon lui, 9.811 non-juifs moururent entre le 1er janvier 1943 et le 6 avril 1944. Si on les ajoute aux 2.001 (en réalité 1.870) morts de 1942, on aboutit à un résultat de 10.912 morts. À cela, il faut encore ajouter, selon Kranz, les groupes de victimes non-juives suivants :

- Environ 2.000 prisonniers de guerre soviétiques morts en 1940-1941 qui n'avaient pas été comptabilisés dans le nombre de prisonniers ;

- 1.055 invalides de guerre soviétiques qui moururent entre 1942 et 1944 ;

- environ 500 Polonais non enregistrés qui moururent au début de 1942 ;

- environ 500 morts entre le 7 avril et le 23 juillet 1944 ;

- 369 déportés en provenance de la province de Zamosc enregistrés séparément, dont à peu près la moitié moururent à Majdanek et les autres dans divers hôpitaux après la libération du camp.

Le cumul de ces nombres nous amène à un total de 15.336 non-juifs morts au camp Majdanek, auxquels Kranz ajoute encore deux catégories de victimes : environ 500 morts pendant l'évacuation du camp (dont peut-être quelques 10 % de Juifs, un fait que Kranz ne prend toutefois pas en considération), de même que des Polonais tués par le peloton d'exécution dans la prison du Château de Lublin. Selon son calcul et pour la dernière catégorie, il n'y a pas de documents mentionnant des chiffres dignes de foi ; il cite diverses estimations, qui sont évidemment issues des dires de témoins, lesquels varient de 2.762 à 12.000 et il opte finalement pour "un maximum de 3.000". Mis à part que ce nombre ne repose sur aucun document, il ressort de ses calculs que seule une partie de ceux qui furent exécutés avaient été précédemment internés à Majdanek, de telle sorte que l'autre partie des exécutés peut être comptabilisée comme "victimes de l'occupation allemande", mais certainement pas comme "des victimes de Majdanek." Kranz ne fait aucune mention des exécutions de Juifs, bien qu'elles aussi eurent certainement lieu. Selon Kranz, le nombre total de victimes non-juives s'élève 18.836, arrondi à 19.000.

 

Le nombre de victimes juives selon Tomasz Kranz

Invoquant un article qu'il écrivit en 2003 sur le thème de "L'Extermination des Juifs à Majdanek et le rôle tenu par ce Camp dans la mise en oeuvre de 'l'Opération Reinhardt'", Kranz estime à 59.000 le nombre total de Juifs morts à Majdanek. Sur ces 59.000 morts selon lui, 24.733 moururent au cours de l'année 1942 ; pour conforter ce nombre, il cite un document qui ne fut publié qu'en 2001 et que ni Mattogno ni moi-même ne connaissions au moment où nous écrivions notre livre. Il s'agit en substance d'un télégramme du Sturmbannführer SS Höfle adressé à l'Obersturmbannführer SS Heim le 28 avril 1943 sur lequel il apparait que jusqu'à la date du 31 décembre 1942, un total de 1.274.166 Juifs furent déportés vers les camps de concentration de Lublin, Belzec, Sobibor et Treblinka, parmi lesquels 24.733 furent envoyés à Lublin. Le nombre de 1.274.166 concorde exactement avec le nombre de juifs qui selon le rapport de Korherr "étaient rassemblés dans les camps des territoires sous contrôle", et Lublin, Belzec, Sobibor tout comme Treblinka étaient bien des territoires sous contrôle. Le télégramme de Höfle fut décodé en quelques jours par les Britanniques ; quoiqu'il en soit et pour des motifs qui me sont inconnus, il ne fut publié qu'en 2001. (17)

Kranz déforme le contenu de ce radiogramme ; voici ce qu'il écrit :

"D'après un radiogramme de H. Höfle, l'officier supérieur d'Odilo Globocnik, il résulte qu'au cours de 'l'Opération Reinhard ' 24.733 Juifs moururent au camp de concentration de Majdanek, un fait qui, rapproché des données figurant au rapport de Korherr, nous permet de tirer la conclusion que ce nombre comprend les détenus enregistrés et aussi ceux qui n'avaient pas été inclus dans les statistiques du camp" (p. 33).

En réalité ce télégramme mentionne "une augmentation" du nombre de Juifs dans les quatre camps précités et non pas qu'ils y sont morts. Même si Kranz ne l'énonce pas clairement, son argumentation mène sans équivoque à la conclusion que les Juifs qui "n'ont pas été comptabilisés dans les statistiques du camp" ont été assassinés.

Clarifions d'abord la question suivante : les 26.258 Juifs qui arrivèrent à Majdanek jusqu'à la fin 1942 selon Korherr et les 24.733 Juifs déportés au camp de concentration de Lublin jusqu'à la même date selon Höfle, sont-ils réellement les mêmes déportés ; et la différence de 1.525 personnes résulte-t-elle simplement d'un manque de précision dans les recensements que l'on peut comprendre compte tenu des circonstances prévalant à cette époque ?

La réponse doit être "Non", tant du point de vue des historiens 'orthodoxes' de l''Holocauste" que de celui des révisionnistes. Lublin est cité comme un tout avec Belzec, Sobibor et Treblinka par Höfle qui précise que les Juifs déportés dans ces quatre camps de concentration appartenaient à la même catégorie et il ne pouvait y avoir aucune raison de les traiter différemment à Lublin qu'à Belzec, Sobibor et Treblinka. Selon l'historiographie officielle, dans ces trois derniers camps, tous les Juifs, sans considération de leur l'âge, de leur condition physique ou de leur aptitude au travail, furent assassinés dès leur arrivée dans les chambres à gaz et ce sans les avoir enregistrés ; seul un petit nombre de "Juifs Ouvriers" furent épargnés pour être employés à la maintenance des opérations du camp. Si nous appliquons donc la logique des historiens 'orthodoxes' de l''Holocauste", selon Höfle les 24.733 déportés à Lublin ont dû été gazés sans avoir été enregistrés ; la raison qui conduisit à les envoyer à Lublin plutôt que dans l'un des trois autres camps de concentration eut pu par exemple tenir au fait que les chambres à gaz des trois autres camps étaient surchargées. Dans cette hypothèse, Majdanek aurait en réalité fait office de "camp d'extermination provisoire auxiliaire" à ceux de Belzec, Sobibor et Treblinka, de la même façon que le camp de concentration de Stutthof était devenu en été 1994, selon des historiens polonais, "un camp d'extermination auxiliaire provisoire" pour Auschwitz. (18)

Pour les révisionnistes, Belzec, Sobibor et Treblinka étaient des camps de transit, par lesquels la majorité des Juifs déportés passaient pour se rendre dans les territoires occupés de l'Est, tandis qu'un plus petit nombre était envoyé dans les camps de travaux forcés des territoires occupés. (19) Le fait que Höfle cite "Lublin" dans son télégramme (c'est-à-dire Majdanek) avec les trois autres camps dans la même phrase, signifie selon la méthode d'analyse révisionniste des faits que ce camp, en plus de ses autres fonctions, a servi temporairement de camp de transit, comme ce fut aussi le cas pour Auschwitz. En conséquence, les Juifs "qui furent internés dans le camp de concentration de Lublin au cours des opérations d'évacuation" et qui, selon l'explication de Korherr, ne furent pas comptabilisés dans ses statistiques, furent forcément des prisonniers juifs restés peu de temps à Majdanek sans y être enregistrés et déportés de là vers les régions de l'Est ou vers les nombreux camps de travaux forcés dans la province de Lublin. Il en découle que l'on doit tenir pour établi qu'il y avait à Majdanek - comme à Auschwitz - une section spéciale dans ce camp où ces prisonniers devaient demeurer à titre temporaire. A ce point, nous avons besoin d'approfondir l'enquête.

Tant pour les versions 'orthodoxe' et révisionniste des événements, la conclusion qui se présente est que les 24.733 Juifs mentionnés dans le télégramme de Höfle et les 26.258 Juifs cités dans le rapport de Korherr, constituaient des groupes
différents de prisonniers Les premiers sont en réalité les mêmes Juifs qui furent "internés dans le camp de concentration de Lublin au cours des opérations d'évacuation " et ne furent "pas comptabilisés" dans ses statistiques. Quand Kranz déduit de l'hypothèse de Korherr que les 14.348 Juifs morts à Majdanek jusqu'à fin 1942, dont le transfert fut enregistré, faisaient partie des 24.733 déportés cette année-là au camp de Lublin selon Höfle et qu'ils y trouvèrent tous la mort, son nombre de morts non enregistrés - c'est-à-dire ceux assassinés pour Kranz - aurait alors dû s'élever à 10.385 (24.733 - 14.348 = 10.385). Du coup Kranz soutient ce qui suit :

Un total de 36.643 Juifs arriva à Majdanek en 1942 ; pour 10.385 assassinés et non enregistrés, 14.348 décédèrent de mort "naturelle", 4.568 furent libérés et 7.342 étaient toujours dans le camp en fin d'année. Grâce à deux documents allemands, le télégramme de Höfle et le rapport de Korherr, nous connaissons naturellement ces faits dit-il, mais bizarrement seules les deux premières catégories sont prises en considération dans le compte rendu de Höfle et pas les troisième et quatrième catégories, tandis que dans le rapport de Korherr les deuxième, troisième et quatrième catégories entrent en ligne de compte, mais pas la première.

Cette hypothèse se révèle irrémédiablement illogique et imaginative !

Comme on n'a jamais prétendu qu'au cours de l'année 1942 à Majdanek il y eut une autre méthode d'extermination massive que le gazage, Kranz doit en conclure que les 10.385 Juifs assassinés et non enregistrés l'ont été par gazage. Mattogno et moi-même avons apporté pléthore d'arguments techniques et historiques contrant l'existence de chambres à gaz homicides à Majdanek, ceci aux chapitres six et sept de notre livre "
Le Camp de Concentration de Majdanek" et je ne pense pas qu'il soit nécessaire de répéter ici ce que nous avons déjà écrit. Le fait pour Kranz, de citer notre livre et d'en faire un résumé correct impliquant qu'il l'a lu, alors qu'il n'évoque pas un seul mot de nos arguments, nous mène à cette seule conclusion que nos arguments sont irréfutables. Nous avons donc toutes les raisons de penser que les 10.385 personnes gazées dont il a avancé le nombre de façon non explicite mais implicitement, n'ont tout simplement jamais existé (cf. George Orwell).

Pour les années 1943/1944, Kranz mentionne les 18.000 Juifs qui furent soi-disant tués le 3 novembre 1943 comme faisant partie de la prétendue "Opération Fête de la Moisson", mais ne présente aucun décompte du nombre de détenus juifs décédés de mort "naturelle" sur la même période, sans doute parce qu'il l'avait déjà fait dans son article précité publié en 2003. Si nous soustrayons de son nombre total de 59.000 victimes juives les 24.733 victimes juives que Kranz revendique pour les années 1941/1942, de même que les 18.000 prétendument assassinées le 3 novembre 1943, nous aboutissons au nombre de 16.267 sur la période courant de janvier 1943 à juillet 1944.

En ce qui concerne "l'Opération Fête de la Moisson", on peut affirmer avec une certitude absolue que ces fusillades en masse doivent être reléguées au royaume du mythe. Au chapitre neuf de son livre "Le Camp de Concentration de Majdanek", Mattogno en a fourni la preuve et là aussi je ne pense pas qu'il soit nécessaire de rappeler ici ce qui a déjà été expliqué puisque là non plus Kranz ne mentionne pas un mot des arguments de Mattogno, comme dans le cas des chambres à gaz. Ces 18.000 tués sont également des personnes qui n'existent pas.

 

Comparaison entre les statistiques de Carlo Mattogno et celles de Thomasz Kranz

Récapitulons : selon Tomasz Kranz, à Majdanek moururent environ 78.000 détenus, dont 59.000 étaient juifs et 19.000 non-juifs ; selon Carlo Mattogno, ils furent au nombre d'environ 42.200. A l'exception des années 1941/1942, pour lesquelles on connaît précisément le nombre de morts juifs grâce au rapport de Korherr, Mattogno ne cherche pas à calculer la proportion de victimes juives et non-juives dans son nombre total ; toutefois, en se basant sur le nombre de détenus enregistrés au camp pendant les diverses périodes et si ses statistiques sont correctes, on peut estimer le nombre de morts à Majdanek à environ 27.938 Juifs et à environ 14.262 non-juifs.

Ainsi, la différence entre les deux calculs statistiques s'élève 35.800, où Kranz mentionne 31.062 victimes juives et 4,.738 victimes non-juives de plus que Mattogno.

En ce qui concerne les morts non-juifs, la différence s'explique en premier lieu par le fait que Mattogno n'a pas pris en considération deux des catégories de victimes mentionnées par Kranz, parce qu'il ne disposait d'aucune base documentaire pour cela. Il s'agissait des 500 qui périrent pendant l'évacuation - selon Kranz - et les 3.000 qui furent tués au Château de Lublin - toujours selon Kranz. Tandis que le nombre des victimes mortes pendant l'évacuation apparaît somme toute crédible, celui des victimes qui furent tuées peut paraître surévalué, d'abord parce qu'il se fonde sur des dires de témoins et l'on peut donc soupçonner
a priori l'exagération et ensuite parce que seule une partie des exécutés avaient été détenus au camp Majdanek, les autres ne pouvant être comptabilisés parmi "les victimes de Majdanek". En l'occurrence on en tire la conclusion que le nombre de non-juifs morts était plus élevé que les 14.262 de Mattogno, mais plus bas que les 19.000 de Kranz.

Et en ce qui concerne les victimes juives ? Dans le cas de Kranz, nous devons soustraire les 10.385 personnes gazées inventées pour l'année 1942 et les 18.000 fusillés inventés du 3 novembre 1943 de son nombre total de 59.000, ne laissant que 30.625 morts, ne dépassant que de 2.687 le nombre de Mattogno et cette différence est à reporter en totalité sur les années 1943/1944. Me fondant sur les preuves à ma portée, je ne suis pas en position de juger lequel des deux nombres est le plus proche de la réalité, mais une chose est sûre : il n'y a évidemment aucun besoin de faire appel au gazage de personnes pour expliquer l'existence de cette différence ! Selon les écrits historiques officiels, les prétendues chambres à gaz homicides fonctionnèrent à Majdanek d'août 1942 jusqu'à octobre 1943.

Quand nous expliquons le fait que Kranz compte 2.687 victimes juives de plus que Mattogno durant les années 1943/1944 en affirmant que ces Juifs furent gazés, cela implique que, de janvier à octobre 1943, 250 Juifs environ en moyenne moururent chaque mois dans les chambres à gaz - un nombre vraiment bas pour "un camp d'extermination." Puisque Kranz évalue implicitement à 10.325 le nombre de Juifs gazés pour 1942, ainsi que nous l'avons vu, alors, selon lui, le nombre total des victimes des chambres à gaz de Majdanek ne peut pas avoir excédé environ 13.000.

Selon l'historiographie officielle de Treblinka plus de 7.000 Juifs étaient gazés
quotidiennement dans les premiers mois de l'existence de ce camp et à Belzec, durant les neuf mois et demi de son existence, 600.000 Juifs auraient été assassinés dans les chambres à gaz, c'est-à-dire plus de 2.000 chaque jour. Par conséquent les 13.000 victimes présumées des chambres à gaz de Majdanek pourraient avoir été gazées à Treblinka rien qu'en deux jours et à Belzec rien qu'en une semaine ; dans ces circonstances, il n'y a pas le plus petit motif à installer des chambres à gaz homicides à Majdanek et l'hypothèse "du camp d'extermination provisoire auxiliaire " s'écroule. Comme cela arrive si souvent, là aussi l'argumentation des historiens officiels de "l'Holocauste" tombe d'elle-même dans le domaine de l'absurde.

Au final, nous voulons faire observer que le "passage des Juifs" qui ne furent pas enregistrés à Majdanek et qui moururent avant d'être déportés plus loin à l'est dans les territoires occupés ou vers les camps de travaux forcés de la province de Lublin, n'ont été pris en considération ni par Mattogno ni par Kranz - pas par Mattogno faute de preuve écrite à cet égard et pas par Kranz, parce que selon l'articulation de son argumentation ces "Juifs de passage" n'ont pas pu existé. Concernant ces Juifs - nous sommes convaincus que leur nombre s'élevait à 24.733, le nombre du télégramme de Höfle - ils furent très certainement internés à Majdanek pour une courte période et le nombre de morts parmi eux au camp a pu à grand peine excéder quelques centaines.

A l'examen de tous ces éléments, l'hypothèse valable est que le vrai nombre de victimes à Majdanek pourrait se situer quelque part entre le nombre de 42.200 calculé par Mattogno et le nombre de 49.625 c'est-à-dire ce qui reste du nombre indiqué par Kranz si l'on en soustrait les gazages inventés et les victimes fusillées inventées également.

 

Conclusion

En 1998 j'ai écrit dans la conclusion de KL Majdanek. Eine historische und technische Studie (co-écrit par Carlo Mattogno et moi-même) :

"Au début des années quatre-vingt-dix en Pologne, on a justifié la diminution du nombre des victimes à Majdanek en déclarant que les considérations non scientifiques qui par le passé avait amené à gonfler les nombres réels, n'étaient maintenant plus valables. Si tel est le cas, nous pouvons donc espérer que les historiens polonais - qui, à l'inverse de leurs homologues occidentaux, ont au moins essayé d'enquêter sur ce qui est arrivé à Majdanek - mettent au rebut le poids mort de l'histoire stalinienne qui faisait dans la grosse artillerie et pas dans la dentelle [...] Une réconciliation réelle et durable entre les peuples allemands et polonais, ainsi que l'espèrent les deux auteurs de ce livre qui ont des liens d'amitié avec les deux nations, ne peut réussir qu'en se fondant sur l'entière vérité ! "

"L'entière vérité " n'a pas été révélée par Tomasz Kranz dans son article, il n'a d'ailleurs pas essayé de le faire ; cependant, nous concédons volontiers qu'il a en tout cas lâché une énorme quantité de lest pour avoir réduit le nombre de victimes avancé par son prédécesseur C. Rajca entre 1992 et 2005 de 235.000 à 78.000, c'est-à-dire grosso modo à un tiers.

Rappelons maintenant le verdict du procès Majdanek de 1981 à Düsseldorf. En voici quelques énoncés:

- Au moins 200.000 personnes moururent à Majdanek.

- Parmi les victimes, on comptait au moins 60.000 Juifs.

- Quelques-unes des victimes juives furent gazées.

- 18.000 Juifs furent passés par les armes le 3 novembre 1943 dans le cadre de "l'Opération Fête de la Moisson".

Si nous comparons les affirmations susdites avec les statistiques de Kranz, nous constatons que ce dernier ne diffère qu'en ce qui concerne la première affirmation : du "minimum de 140.000 victimes non-juives du camp" alléguées par le juge de Düsseldorf, il n'en reste que 19.000 avec Kranz, un nombre qui ne peut être que légèrement exagéré. Ses autres conclusions sont compatibles avec celles du tribunal de Düsseldorf : il y eut 59.000 victimes juives (la différence de 1.000 importe peu ici) ; la déclaration du gazage de Juifs (le verdict de Düsseldorf n'a fourni aucun chiffre pour le nombre de Juifs gazés, de telle sorte que n'importe quel nombre fixé arbitrairement en-dessous de 60.000 peut s'ajuster à ce verdict) ; les 18.000 fusillés le 3 novembre 1943.

A la lumière de ce qui précède, l'article de Tomasz Kranz donne presque l'impression d'un travail commandité avec pour but de se débarrasser de tout le lest inutile (c'est-à-dire les victimes non-juives inventées à Majdenek) tout en corroborant les conclusions du tribunal de Düsseldorf concernant les victimes juives.

Aussi scandaleux que cela puisse paraître à une personne éprise de justice, le fait est que dans le débat tout entier sur Majdanek (comme c'est également le cas avec Auschwitz) seules pour ainsi dire les morts juives sont fondamentalement importantes et qu'en dehors de la Pologne et de la Russie, pour ainsi dire personne ne s'intéresse sérieusement aux Polonais et aux Russes morts dans les camps de concentration.

La lamentable pièce de théâtre du procès de Majdanek qui a duré plus de six ans et devant laquelle on a traîné des salles de classe entières et innombrables aux audiences, ne s'est pas déroulée pour éclairer l'Allemagne et le monde sur les souffrances et la mort des détenus polonais ou russes au camp de concentration de Lublin, mais faire éclater aux yeux de tous le destin épouvantable des Juifs pendant "l'holocauste" - ce terme imbécile devint à la mode précisément au cours de ces années-là. Les huit défendeurs condamnés à Düsseldorf à des peines de réclusion allant de la prison à vie à trois ans d'emprisonnement le furent pour leur participation présumée au gazage des Juifs et à "l'Opération Fête de la Moisson" ; pas un d'entre eux n'a été accusé de crimes contre des Polonais ou des Russes. Cette tradition continue, avec Kranz se cramponnant contre toute évidence aux gazages des Juifs et aux fusillades massives du 3 novembre 1943, sans jamais mentionner un seul mot des arguments contraires, qui lui sont pourtant bien connus.

A ce stade on peut formuler une objection : de toute façon les 18.000 prétendus fusillés au cours de " l'Opération Fête de la Moisson" et les prétendus plus de 13.000 Juifs gazés ne représentent ensemble qu'un demi pour cent des fameux six millions de victimes de "l'holocauste" et ne sont donc absolument pas nécessaires pour étayer la fable de "l'holocauste". Dans les circonstances actuelles, pourquoi les Polonais ne font-ils pas place nette en ce qui concerne Majdanek et pourquoi ne s'emploient-ils pas à exiger "toute la vérité", en écartant les victimes juives inventées comme ils avaient écarté les fausses victimes non-juives ?

La réponse à cette question est la suivante : si "l'Opération Fête de la Moisson", de même que le gazage des Juifs à Majdanek devaient être considérés comme des mythes, alors il serait admis que tous les récits des témoins oculaires qui s'y référaient étaient mensongers et que le tribunal de Düsseldorf a prononcé une sentence injuste proprement révoltante. Chaque personne apte à réfléchir devrait alors se demander pourquoi les récits des témoins oculaires d'Auschwitz, Treblinka, etc, seraient en fait plus crédibles que ceux de Majdanek et si les tribunaux de la République Fédérale d'Allemagne ne pourraient pas avoir rendu des jugements tout aussi injustes et révoltants dans d'autres procès de "criminels Nazis". Ce type de questions pourrait faire dérailler le mythe entier de "l'holocauste". C'est la raison pour laquelle il n'est pas permis faire voler en éclats les chambres à gaz de Majdanek et "l'Opération Fête de la Moisson".

Thomasz Kranz mérite notre reconnaissance et nos remerciements pour avoir déployé des efforts honnêtes afin de rétablir la vérité concernant les victimes non-juives au camp de Lublin, pour avoir opéré une révision radicale du nombre de victimes et - si nous ne tenons pas compte du cas spécial des personnes tuées au Château de Lublin - pour ne pas avoir eu recours à des exagérations. En revanche, nous ne pouvons lui accorder ni reconnaissance, ni remerciements pour ses efforts à préserver autant que faire se peut le mythe de "l'holocauste", une fable infecte et totalement viciée.

 

 

Notes :

(1) Tomasz Kranz, "Ewidencja zgonów i śmiertelność więźniów KL Lublin" [Actes de décès et de mortalité des prisonniers de KL Lublin], Zeszyty Majdanka no. XXIII (2005), pp. 7-53. (2) Communique of the Polish-Soviet Extraordinary Commission for investigating the crimes committed by the Germans in the Majdanek extermination camp in Lublin, Foreign Publishing House, Moscow 1944.

(3) IMT, vol. VII, p. 590.

(4) Sentenca wyroku. Specialny sąd karny w Lublinie [Texte décision. Tribunal pénal spécial à Lublin]. Archiwum Państwowego Muzeum na Majdanku, sygn. [Musée des Archives nationales à Majdanek, ref.] XX-1, p. 100.

(5) Zdzisław Łukaszkiewicz, "Obóz koncentracyjny i zagłady Majdanek" [Camp de concentration et d'extermination de Majdanek], in: Biuletyn Glównej Komisji Badania Zbrodni Niemieckich w Polsce [Bulletin du Comité central de la recherche allemande des crimes en Pologne], vol. 4 (1948), pp. 63-105. (6) Józef Marsza

łek, Majdanek. Obóz koncentracyjny w Lublinie, Lublin 1981. [Majdanek. Le camp de concentration de Lublin]

(7) PS-1469.

(8) Czes
ław Rajca, "Problem liczby ofiar w obozie na Majdanku", [Le problème du nombre de victimes dans le camp de Majdanek] dans : Zeszyty Majdanka no. XIV, 1992, p. 129.

(9) Tadeusz Mencel (ed.), Majdanek 1941-1944, Editeur Lublin 1991, p. 455. (10) Zofia Leszczy

ńska, "Transporty więzniów do obozu na Majdanku" [Transports de prisonniers au camp de Majdanek], dans: Zeszyty Majdanka no. IV, 1969, pp. 174-232. (11) Jürgen Graf & Carlo Mattogno, KL Majdanek. Eine historische und technische Studie, Castle Hill Publisher, Hastings 1998. Le Camp de Concentration de Majdanek.[Une Etude Historique et Technique] Theses & Dissertation Press, Chicago 2003.

(12) NO-5194, p. 11.

(13) Tomasz Kranz, op.cit., p. 14, 15.

(14) Bezirksgericht Düsseldorf, Urteil Hackmann u.a., XVII 1/75.

(15) Ce chiffre n'est jamais explicitement mentionné par Kranz ; nous l'avons obtenu en soustrayant du total de 59.000 victimes juives le nombre de victimes juives avancé par Kranz pendant la période 1941/1942.

(16) Tomasz Kranz, "Exterminacja
Żydów na Majdanku i rola obozu w realizacji ‘Akcji Reinhardt’" [Extermination des juifs dans le camp de concentration de Majdanek et le rôle dans la mise en oeuvre de "l'opération Reinhardt], dans : Zeszyty Majdanka, no. XXII (2003), pp. 7-55.

(17) Peter Witte & Stephen Tyas, "A New Document on the Deportation and Murder of the Jews during ‘Einsatz Reinhardt’1942", dans: Holocaust and Genocide Studies, no. 3, Winter 2001, p. 469 ff. (18) Concernant ceci, voir Jürgen Graf & Carlo Mattogno,

Das Konzentrationslager Stutthof und seine Funktion in der nationalsozialistischen Judenpolitik, [Camp de concentration de Stutthof et sa fonction dans la politique juive nationale-socialiste] Castle Hill Publishers, Hastings 1999 (Theses & Dissertations Press, Chicago 2003).

(19) Cf. Carlo Mattogno & Jürgen Graf, Treblinka – Vernichtungslager oder Durchgangslager ? [Treblinka - camps d'extermination ou camp de transit?], Castle Hill Publishers, Hastings 2003 (Theses & Dissertations Press, Chicago 2004), et Carlo Mattogno, Belzec, Castle Hill Publishers, Hastings 2005 (English translation: Belzec in Propaganda, Testimonies, Archeological Research, and History, Theses & Dissertations Press, Chicago 2004).

Last Updated ( Sunday, 19 July 2009 )